
Rome : Ville Ouverte de Roberto Rossellini
O E M










Sensation du 55ème Festival de Cannes, ce docu choc, percutant et provocateur en a ému plus d'un et a provoqué un véritable tollé aux Etats-Unis, relançant le débat éternel sur le 2nd Amendement (celui qui permet aux Américains de posséder une arme de poing chez eux). Michael Moore promène sa caméra aussi adroitement que Tiger Woods son club de golf, pour dénoncer sans jamais verser dans la complaisance, les contradictions ô combien nombreuses du pays le plus puissant du monde. Evitant même la lacune du pathos quand il retransmet les images des caméras surveillance du lycée de Columbine à Littleton (qui donne son nom au film) ou quand il film les victimes à fleur de peau, Moore choque véritablement son spectateur l'amenant à réfléchir et à se poser les questions là où ça fait mal.
Emaillant son docu de passages aussi croustillants que le dessin animé retraçant l'histoire en accéleré de la création des Etats-Unis, Moore nous convainc presque à 100% du bien-fondé de son action, mais tout discours aussi sensé soit-il a son revers de médaille : en effet, on peut se demander si l'alternance scène émouvante / scène dénonciatrice ne relève pas de la démagogie, créant un malaise un peu flou sur les enchaînements narratifs.
Toujours est-il qu'un cinéma engagé se justifie s'il reprend un discours sincère et entier, ce que ce film fait à merveille.
O E M




Lundi 16 octobre 2006 , 15h , Cinéma Le Colisée
Indigènes de Rachid Bouchareb
Invités gracieusement par le cinéma Le Colisée à assister à la projection du film Indigènes, il est nécessaire de rappeller certains faits : le film a eu beaucoup de mal à se monter et sans la légendaire débrouille de Jamel Debbouze ainsi que la participation active du Roi du Maroc Mohamed VI, le film serait sans doute rester lettre morte, ou plutôt image morte ... car en parlant d'images, le film en fournit à foison, des injustices flagrantes endurées par les soldats des colonies (engagés volontaires il faut le rappeller) par rapport aux soldats français même si comme le dit le caporal Abdelkader (Sami Bouajila) dans le film au courage et à l'honneur de ces combattants qui ont donné sinon leur vie dumoins leur paix de l'âme à la "Mère Patrie".
L'engagements des comédiens est extrême, récompensé à sa juste valeur par un prix d'interprétation collectif à Cannes cette année. Oeuvrant pour l'Histoire et pour réparer les inégalités de retraite mais surtout de souvenirs, le film de Rachid Bouchareb fait au moins acte de reconnaissance, un acte pour le moins indispensable.
Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Samy Nacéri, Roschdy Zem et Bernard Blancan récompensés.
D'un point de vue strictement artistique le film est bon mais pas d'une qualité flagrante, le réalisateur étant obligé de poser en détail les raisons de l'engagement de chaque soldat, les tensions croissantes entre les soldats africains et leurs chefs (français bien entendus). Ainsi le personnage du sergent Ramirez (campé par un Bernard Blancan hallucinant de réalisme et de détermination), un Pied Noir, montre cette reconnaissance des Français pour la valeur et le courage des soldats "indigènes" mais aussi leur volonté de les considérer comme de la chair à canon, ne leur accordant aucune permission (excuse invoquée : "pas de bateau") et pas de promotion au sein de l'armée même s'ils les mériteraient largement ... Le film contient tout-de-même suffisamment de scènes fortes et portées par des interprètes immergés dans leur personnage pour rendre honneur à ces combattants oubliés de l'Histoire...
O E M

Pas de projection la semaine du 09 octobre au 14 octobre donc il n'y aura pas de commentaires de films... (début de la pratique son/photo avec Alain Marchal et Charlie Van Damme de l'INSAS Bruxelles).

Vendredi 06 octobre 2006 , 11h05 , Salle de Projection de Dar Bellarj
Le cauchemar de Darwin de Hubert Sauper
Un documentaire choc est souvent une arme à double tranchant : on se demande si le réalisateur ne cherche pas le pathos car il est souvent un moyen de convaincre le spectateur. Cependant, il faut admettre que la réalité montrée par Sauper est sincèrement désastreuse, la misère humaine (ici celle des habitants de Tanzanie, plus spécialement les villageois vivant autour du lac Victoria ) provenant, d'après la démonstration du documentariste, des Occidentaux qui échangent les ressources naturelles du Lac Victoria (en l'occurence la perche du Nil ) contre de l'argent ou plutôt des armes et des munitions servant à nourrir les nombreux foyers de guerre civile de l'Afrique subsaharienne.
Ne pouvant décrire exactement le film, ni définir le sentiment de choc ressenti, je conseille à tout un chacun de le regarder car il faut s'en faire sa propre idée.
O E M
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